En capitalisant et en exploitant les enquêtes mobilités certifiées Cerema (EMC²), réalisées environ tous les dix ans par les collectivités, le Cerema apporte une expertise nationale des mobilités dans les aires urbaines. A ce titre, il publie une étude portant sur 10 collectivités (hors Ile-de-France) dont 3 départements, et met en lumière des premières tendances des mobilités du quotidien post-Covid.
Les tendances : baisse de la mobilité individuelle, pas seulement pour le travail
Une baisse de près de 10 % de la mobilité quotidienne par résident, en nombre et en kilomètres, au sein des aires urbaines depuis le début des années 2010. Toutes les enquêtes EMC2 réalisées depuis 2021 confirment une baisse de la mobilité individuelle (en nombre de déplacements et en kilomètres) si l’on compare à la période du début des années 2010.
Cette baisse de la mobilité quotidienne par résident est nouvelle et constatée quelle que soit la typologie de territoire : du centre-ville d’agglomération dense aux territoires ruraux des aires urbaines.
En revanche, le volume total de déplacements et de kilomètres réalisés par les résidents a baissé plus lentement (-4 % en nombre et en kilomètres), car la population a augmenté sur la même période (+ 6 % en moyenne sur les 10 agglomérations concernées). Le temps moyen quotidien consacré à la mobilité reste, lui, globalement stable pour l’ensemble des résidents des périmètres couverts.
Une baisse portée avant tout par les personnes en âge de travailler qui sortent moins de chez elles et se déplacent moins.
Les personnes âgées de 25 à 65 ans sortent moins de chez elles qu’il y a 10 ans : 9 % d’entre elles ne sortent pas de chez elles un jour de semaine, contre 7 % il y a 10 ans. De plus, lorsqu’elles sortent de chez elles, ce sont elles qui ont réduit le plus leur nombre de déplacements quotidiens, passant de 4,7 à 4,3 déplacements par jour, soit une baisse de près de 10 %.
En revanche, les séniors (75 ans et plus) sont plus mobiles qu’il y a dix ans : 30 % ne sortent pas de chez eux un jour de semaine contre 35 % dix ans auparavant, et ceux qui sortent de chez eux effectuent toujours en moyenne 3,4 déplacements par jour.


En semaine, la baisse de la mobilité ne concerne pas que le travail
La baisse de la mobilité est portée principalement par une baisse du nombre de déplacements à destination du travail : de l’ordre de -15 % de déplacements quotidiens à destination du travail par personne quel que soit le territoire. Cette tendance est sans doute portée par la pratique du télétravail, qui s’est diffusée plus largement dans certaines professions à partir de 2020.
Cependant, les déplacements pour « motif achats » diminuent également dans un contexte marqué par l’augmentation des pratiques d’achats en ligne et de livraisons à domicile ; cette tendance est d’autant plus forte qu’on s’éloigne des centres urbains. Un constat qui fait écho à celui réalisé par l’Insee (2024) : 63 % des personnes de plus de 15 ans ont réalisé un achat sur Internet au cours des trois derniers mois en 2024, contre 36 % en 2010.
Les déplacements pour motifs « démarches », « santé » et « accompagnement » diminuent eux aussi, et d’autant plus fortement que l’on se rapproche des grands centres urbains

N.B. : les déplacements restants, retour au domicile (40% des déplacements) et études –collège, lycée, université– (6%) ne sont pas représentés.