Le Département de la Statistique publique de l’énergie, des transports, du logement et de l’environnement (SDES) publie en novembre 2025 le bilan annuel des transports pour 2024.
L’année 2024 est marquée par une inflation en baisse, la poursuite des conflits au Proche-Orient et la tenue des Jeux olympiques et paralympiques de Paris. L’activité économique française décélère et les prix des carburants diminuent. Dans ce contexte, le transport intérieur de voyageurs augmente, ainsi que la dépense des ménages, principalement du fait des transports collectifs. Le transport intérieur de marchandises est en hausse, pour tous les modes de transport et plus particulièrement le ferroviaire, tandis que le transport maritime est quasiment stable. La circulation routière des véhicules à essence, au gaz ou électriques augmente tandis que celle des voitures diesel diminue. Plus du quart des ventes de voitures neuves concernent des voitures électriques et hybrides rechargeables. Les émissions de gaz à effet de serre des transports diminuent en 2024 même si le secteur des transports reste le premier contributeur aux émissions de GES de la France.

Principaux résultats
— Transport et activité économique
La dépense totale de transport s’élève à 536,8 milliards d’euros en 2024, en hausse de 2,5 % en valeur par rapport à 2023. Dans un contexte de ralentissement de la croissance de l’activité en France et d’évolution contrastée des prix des transports de marchandises et de voyageurs, elle dépasse son niveau d’avant-crise sanitaire de 20,1 %. Les dépenses des ménages en transport individuel, qui représentent 80 % de leurs dépenses totales en transport hors assurance, ralentissent (+ 0,4 %) tandis que les dépenses pour les déplacements en transport collectif s’accroissent de 8,4 %, dans un contexte de stagnation des prix. Les principales recettes liées aux transports prélevées par les administrations s’élèvent à 66,0 milliards d’euros en 2024, en hausse de 5,4 %. Les dépenses d’investissement en infrastructures de transport augmentent de nouveau en 2024 (+ 3,9 %) et atteignent 27,3 milliards d’euros. Cette hausse concerne le réseau routier, le réseau ferré principal et les transports collectifs urbains. Pour les services de transport de voyageurs, les importations progressent un peu en 2024 tandis que les exportations diminuent légèrement. Pour les services de transport de marchandises, les exportations augmentent, tandis que les importations diminuent. Dans l’ensemble, le solde des échanges de services de transport redevient positif en 2024. Le stock d’investissements à l’étranger des entreprises françaises du secteur des transports est en baisse de 6,0 % par rapport à 2023. Quant aux investissements étrangers en France dans le secteur des transports, ils se retournent nettement à la baisse en 2024 (- 20,2 %). Ils proviennent essentiellement des pays de l’Union européenne et concernent principalement le sous-secteur de l’entreposage et des services auxiliaires.
— Entreprises françaises de transport
En 2024, les créations hors micro-entreprises (près de 15 000) augmentent par rapport à 2023 et restent en-deçà du niveau de 2019 (- 16,8 %). Avec environ 3 000 redressements judiciaires, soit un niveau record depuis 2000, les défaillances d’entreprises continuent d’augmenter en 2024 (+ 30,9 %). En 2024, le chiffre d’affaires des entreprises du secteur des transports routiers de fret et services de déménagement, estimé à 63,9 milliards d’euros, augmente à nouveau (+ 2,8 %). Celui des sociétés d’autoroutes concédées atteint 12,7 milliards d’euros, soit une hausse de 3,5 %. Sous l’impulsion générée par les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, la production de la RATP augmente encore (+ 5,9 %) en 2024. Le chiffre d’affaires de Rail Logistics Europe, qui assure 62 % du transport ferroviaire de marchandises en tonnes-kilomètres, retrouve son niveau de 2022 après une année 2023 difficile. L’activité de SNCF Voyageurs poursuit sa hausse, avec un nombre de voyageurs-kilomètres en augmentation de 6,0 % en 2024. En 2024, l’indice d’activité des services de transports fluviaux intérieurs rebondit (+ 1,9 %) tandis que les services de transport maritime de passagers progressent de 3,7 %. L’activité des compagnies aériennes s’accroît et est presque revenue à son niveau d’avant la pandémie. Avec près de 267 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, les entreprises du secteur des
transports et de l’entreposage ont réalisé 6 % du chiffre d’affaires des entreprises françaises (hors agriculture). Tous les soldes intermédiaires de gestion se replient.
— Emploi et marché du travail
Au 31 décembre 2024, le secteur des transports et de l’entreposage emploie plus de 1,5 million de salariés, soit 7 % des salariés du secteur privé hors intérim. L’emploi salarié du secteur augmente de 0,7 % en 2024. Cette hausse est portée par la croissance des effectifs dans le transport de voyageurs (+ 1,8 %) tandis que le transport de marchandises perd de nouveau des emplois (- 0,3 % après – 0,6 % en 2023). Les créations d’emploi continuent dans les autres services de transport (+ 1,9 %) tandis que les effectifs des activités postales s’amenuisent (- 2,7 %). L’intérim poursuit sa baisse pour la troisième année consécutive. Sur le marché du travail des métiers du transport et de la logistique, le nombre de demandeurs d’emploi continue d’augmenter en 2024 (+ 1,9 % après + 0,4 % fin 2023) tandis que les offres d’emploi collectées par France Travail chutent au cours de l’année 2024 (- 8,9 % après – 0,9 % fin 2023). Le secteur reste marqué par une forte prédominance masculine, quel que soit l’âge. Le salaire moyen mensuel par tête augmente de 3,9 %, tandis que le pouvoir d’achat des salariés s’améliore (+ 2,1 %).
— Enjeux des transports pour l’environnement et la santé
En 2024, la consommation d’énergie des transports poursuit sa baisse (- 1,0 % par rapport à 2023) et se situe 8,5 % sous son niveau d’avant-crise sanitaire. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) des transports diminuent en 2024 de 1,2 % et sont inférieures de 7,1 % à celles de 2019. Avec 124,9 millions de tonnes équivalent CO2, le secteur des transports reste le premier contributeur aux émissions de GES de la France (34 %). La stratégie nationale bas-carbone, feuille de route de la France pour réduire les GES, prévoit une décarbonation totale des transports d’ici 2050. En 2024, le bilan de l’accidentalité routière s’établit à environ 3 200 personnes décédées (+ 0,8 %) et 235 600 personnes blessées (+ 0,3 %). Près de 700 décès sont intervenus lors d’accidents ayant impliqué un véhicule utilitaire ou un poids lourd.
— Le transport de marchandises
Le transport terrestre de marchandises se redresse en 2024 (+ 3,7 % après – 4,0 % en 2023) et s’élève à 344 milliards de tonnes-kilomètres. L’activité augmente particulièrement dans le transport ferroviaire (+ 7,4 %), mais aussi dans les transports routier (+ 3,4 %) et fluvial (+ 2,1 %). Tous les produits sont concernés par la hausse de l’activité, hormis les matériaux de construction. Les parts modales restent stables sur un an, avec 89 % du fret transporté par la route, 9 % par le train et 2 % par voie fluviale.
Avec 326 millions de tonnes échangées, le transport maritime de marchandises transitant par les ports français est quasiment stable (- 0,3 % après – 4,3 % en 2023), du fait de la baisse des trafics de vracs solides et liquides (notamment de gaz naturel liquéfié) et de la hausse de celui de conteneurs. Le fret aérien, très faible en tonnage avec 2,1 millions de tonnes transportées en 2024, rebondit (+ 3,4 %) après la légère baisse de 2023 (- 1,4 %), et se porte un peu plus vers l’Asie.
— Le transport de voyageurs
En 2024, le transport intérieur de voyageurs augmente légèrement : 1 048 milliards de voyageurs-kilomètres ont été réalisés, soit 1,1 % de plus qu’en 2023. Les transports par véhicules particuliers se stabilisent (+ 0,3 %) après une légère baisse l’année dernière (- 1,5 %), et dominent toujours largement le transport intérieur de voyageurs (82 %). Le transport collectif poursuit sa reprise en 2024 (+ 5,0 %) et dépasse son niveau de 2019 (+ 3,6 % par rapport à 2019). La reprise du transport collectif urbain est plus forte en province (+ 8,9 %) qu’en Île-de-France (+ 5,9 %). Le transport ferroviaire atteint un niveau inégalé en 2024 (+ 14,5 % par rapport à 2019). Le transport intérieur aérien
diminue de nouveau(- 4,7 % par rapport à 2023) tandis que le trafic maritime, mesuré en nombre de passagers, poursuit sa hausse (+ 2,5 % par rapport à 2023). En 2024, parmi les personnes se rendant sur leur lieu de travail, plus de 4 % y vont principalement à vélo ; cette part ne cesse d’augmenter. La qualité de service, en l’absence de mouvements sociaux majeurs, s’améliore en 2024 pour la quasi-totalité des transports.
— Bilan de la circulation
En 2024, la circulation routière se stabilise (+ 0,2 %) après une baisse en 2023. Elle reste ainsi toujours sous le niveau d’avant crise sanitaire (- 3,8 % par rapport à 2019). Le parc français de voitures particulières poursuit sa mutation. La circulation des voitures diesel (y compris hybrides) diminue de 4,7 % en 2024 tandis que celle des véhicules à essence (y compris hybrides), au gaz ou électriques progresse de 7,6 %. Conséquence de cette mutation, la consommation de gazole diminue de 3,1 % en 2024, alors que la consommation d’essence est en hausse de 4,1 %. Le prix moyen du gazole est en baisse sur l’année (- 5,6 %) comme celui de l’essence (- 3,2 %). Les ventes de véhicules neufs en France métropolitaine diminuent de 2,1 % en 2024 après la hausse de 2023. Au total, 2,4 millions de véhicules neufs ont été immatriculés en 2024, dont plus de deux tiers sont des voitures particulières. La progression des ventes de véhicules à motorisations alternatives marque une pause : les ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables neuves représentent 25,7 % du marché en 2024, contre 26,2% en 2023.