Le 24 juin 2026, à Livron-sur-Drôme, s’est tenue la matinée de clôture du programme TIMS – Drôme Ardèche Ecomobile, réunissant près d’une quarantaine de participants, auxquels se sont ajoutés une dizaine de salariés issus des structures porteuses du projet.
Cette rencontre a marqué l’aboutissement de trois années d’actions en faveur d’une mobilité durable et inclusive sur les territoires ruraux de la Drôme et de l’Ardèche.
Un programme structurant pour les territoires ruraux
Porté par un consortium réunissant La Plateforme Emploi, Mobilité 07-26, ALEC07 et Dromolib, le programme TIMS avait pour ambition de lever les freins à la mobilité, en particulier pour les publics en situation de précarité.
Sur trois ans (2024-2026), les résultats témoignent de son impact :
- 3 984 bénéficiaires touchés, bien au-delà des objectifs initiaux
- 1 560 professionnels sensibilisés aux enjeux de mobilité
- Une montée en compétence des acteurs sociaux et territoriaux
- La structuration d’un réseau local durable
Le programme a permis d’affirmer que la mobilité durable constitue un levier essentiel d’inclusion sociale et d’accès aux droits.
Une restitution vivante : des stands pour expérimenter et comprendre concrètement
Moment central de la matinée, la restitution du programme TIMS s’est déroulée sous forme de quatre stands thématiques, visités en rotation par les participants. Ce format participatif a été particulièrement apprécié : il a permis de passer d’un bilan “théorique” à une mise en situation concrète des actions, favorisant les échanges directs entre pairs et l’appropriation des outils.
Au-delà de la diversité des dispositifs présentés, chaque stand a permis de faire émerger des enseignements clairs.
Informer et éveiller : les actions “Info Flash” et diagnostics mobilité
Les participants ont pu découvrir comment se déroulent les interventions de terrain (stands, bus mobilité, permanences), avec des mises en situation inspirées de cas réels.
A retenir : Rendre visible l’offre de mobilité est une étape indispensable. Beaucoup de publics ne connaissent pas les alternatives existantes : informer, au bon endroit et au bon moment, permet déjà de lever une partie des freins.
Ce que le programme a apporté :
- Une capacité à aller vers les publics (195 actions terrain)
- Un maillage de relais locaux (centres sociaux, missions locales, EPCI)
- Une approche simple et accessible de la mobilité
Expérimenter pour changer les pratiques : les ateliers mobilité
À travers des outils pédagogiques (quiz, jeux, ateliers vélo, lecture de plan, etc.), les participants ont pu tester les modalités d’animation proposées.
A retenir : Le changement de comportement passe par l’expérimentation. Tester un itinéraire, comprendre un réseau ou essayer un vélo permet de lever les appréhensions.
Ce que le programme a apporté :
- 90 ateliers réalisés sur le territoire
- Une variété de formats adaptés à tous les publics
- Une pédagogie active favorisant l’autonomie
S’appuyer sur la solidarité locale : l’autostop organisé
Le stand a permis de manipuler les outils existants (site, organisation des arrêts) et de comprendre le fonctionnement du réseau.
A retenir : L’autostop organisé est une solution simple, efficace et adaptée au rural, qui repose sur la confiance et la solidarité locale.
Ce que le programme a apporté :
- 165 arrêts créés et plusieurs territoires couverts
- Une structuration progressive du dispositif
- Une montée en confiance des usagers (accompagnement à la première expérience)
Mutualiser pour réduire les coûts : l’autopartage entre particuliers
Les participants ont découvert des exemples concrets de groupes d’autopartage et les outils pour les structurer.
A retenir : L’autopartage permet de répondre à la dépendance à la voiture tout en réduisant les coûts pour les ménages et l’impact environnemental.
Ce que le programme a apporté :
- La création de groupes sur plusieurs territoires
- Des méthodes d’accompagnement reproductibles
- Une dynamique collective autour de la voiture partagée
Un point commun : la force du réseau
Au-delà des actions elles-mêmes, tous les stands ont mis en évidence un enseignement transversal : La clé de réussite du programme réside dans le travail en réseau.
La coordination entre structures, la mobilisation des relais locaux et la coopération entre acteurs publics, associatifs et techniques ont permis d’amplifier la portée des actions, de mieux répondre aux besoins des habitants et de construire des solutions adaptées aux spécificités rurales.
Des enseignements forts transmis lors de la matinée
Plusieurs enseignements structurants ont été partagés :
- La coopération est un facteur clé de réussite
- La formation des professionnels est essentielle
- Les diagnostics territoriaux facilitent le passage à l’action
- Les infrastructures restent un enjeu majeur
- Les financements doivent être renforcés
Cette approche a permis de mettre en évidence que la mobilité ne peut être traitée seule : elle croise les enjeux d’emploi, de logement et d’aménagement du territoire.
Une mise en perspective nationale et européenne
L’intervention d’Aurélien Bigo, chercheur spécialisé dans la transition énergétique des transports, a permis de relier les actions locales aux grands enjeux nationaux : dépendance forte à la voiture, inégalités d’accès à la mobilité, nécessité de combiner transition écologique et justice sociale. Les participants ont largement apprécié cette prise de hauteur, qui a renforcé la compréhension des leviers à activer.
Son intervention a mis en évidence trois messages clés :
- Un double défi à relever : écologique et social
La mobilité est au cœur de la transition climatique, mais aussi des inégalités sociales, avec une précarité mobilité qui touche une large part de la population. - La nécessité de sortir du tout voiture, tout en restant pragmatique
Dans les territoires ruraux, la voiture reste importante, mais son usage doit évoluer vers des solutions plus sobres et partagées (autopartage, covoiturage, alternatives locales). - L’importance d’un “bouquet de solutions” adapté aux territoires
Il n’existe pas de solution unique : la transformation des mobilités passe par la combinaison de plusieurs leviers (réduction des déplacements, alternatives, mutualisation, innovation).
Son intervention a ainsi confirmé la pertinence des actions menées dans TIMS et souligné que la coopération entre acteurs et l’accompagnement dans le temps sont essentiels pour réussir la transition des mobilités.
Enfin, la Maison de l’Europe a illustré des initiatives européennes inspirantes (Finlande, Luxembourg, Portugal, projets Interreg), ouvrant des perspectives d’essaimage et d’innovation.
Une dynamique collective à poursuivre
Malgré une chaleur importante dans la salle, parfois inconfortable, les échanges sont restés riches et engagés. Le format en stands a été particulièrement salué pour sa capacité à faciliter les interactions, valoriser la diversité des actions, encourager les échanges entre acteurs.
Cette matinée a mis en évidence un acquis majeur du programme TIMS : la création d’une dynamique territoriale durable, fondée sur la coopération et l’innovation sociale.
Au-delà des résultats chiffrés, c’est bien une culture commune de la mobilité inclusive et durable qui a été transmise et qui constitue aujourd’hui un socle pour les suites à venir.
