Le séminaire de clôture du programme TIMS qui s’est tenu les 2 et 3 juin à Paris a été l’occasion de prendre du recul sur deux années d’action en faveur de la mobilité durable et inclusive. (MDI)
Les résultats sont significatifs :
- 327 000 personnes accompagnées
- 7 millions de personnes touchées
Mais au-delà des chiffres, c’est surtout l’impact concret sur la vie des personnes qui ressort.
90 % des bénéficiaires jugent l’accompagnement utile, et une personne sur deux continue d’utiliser des solutions de mobilité alternatives.
La mobilité devient ainsi plus accessible, plus compréhensible et plus adaptée aux besoins du quotidien, facilitant l’accès à l’emploi, aux soins ou aux loisirs.
Un enseignement clé ressort :➡️ les principaux freins à la mobilité restent le coût… et surtout le manque d’information.
Mieux informer est donc un levier essentiel… mais pas si simple ! Cela demande des outils mais surtout la coordination et de la mise en réseau.
Coopération et professionnalisation : les clés du succès
TIMS a permis de structurer un véritable écosystème autour de la mobilité inclusive :
- Une montée en compétences des acteurs, avec des formations et une professionnalisation du secteur
- Un renforcement des coopérations locales : 94 % des structures ont amélioré leurs pratiques
- L’émergence de dynamiques collectives entre associations, collectivités et institutions
La coopération apparaît comme un facteur déterminant : elle permet de croiser les expertises, de mieux répondre aux besoins et de renforcer la crédibilité des actions.
Dans le même temps, TIMS a contribué à faire émerger une meilleure prise en compte de la mobilité dans les politiques publiques locales, en la traitant comme un enjeu transversal (emploi, santé, inclusion, environnement).
Un impact environnemental réel
Le programme démontre qu’il est possible de concilier enjeux sociaux et écologiques : 200 000 tonnes de CO₂ évitées
👉 Pour la première fois, ce type d’action a pu objectiver précisément son impact environnemental, renforçant ainsi sa légitimité.
Une “pépite” du séminaire : changer notre regard sur la mobilité
L’intervention de Sylvie Landrieve (Forum Vies Mobiles) a apporté un éclairage particulièrement marquant.
Elle rappelle une réalité souvent oubliée :
« nous sommes tous, à un moment ou un autre, empêchés dans notre mobilité. »
Quelques constats forts :
- 30 % de la population ne conduit pas
- Seuls 18 % considèrent que la voiture répond à tous leurs besoins
- De nombreux déplacements sont abandonnés faute de solutions adaptées
➡️ Autrement dit, la dépendance à la voiture n’est pas toujours un choix, mais souvent une contrainte liée à l’organisation de nos territoires.
Son message est clair :
👉 le véritable enjeu n’est pas seulement de proposer des alternatives (c’est aussi ça bien sur), mais c’est aussi de construire un système de mobilité lisible, fiable et accessible à tous.
Elle insiste notamment sur :
- le besoin de lisibilité des solutions (savoir simplement comment se déplacer) (on y revient !)
- l’importance de l’intermodalité (les alternatives)
- et la nécessité de penser la mobilité comme un service global, qui garantit de pouvoir se déplacer facilement, à tout moment
Des enseignements pour la suite
Plusieurs facteurs de réussite se dégagent :
- Des actions pensées en “bouquets” cohérents
- Un accompagnement dans la durée, plus efficace
- Un fort ancrage territorial
- Une capacité à partir des besoins des habitants
Mais des défis persistent comme le manque d’infrastructures adaptées, des financements encore insuffisants et la nécessité de changer d’échelle
Et maintenant ?
Dans un contexte de contraintes budgétaires, TIMS apporte un message fort : 👉 un autre modèle est possible
Un modèle :
- plus coopératif
- plus ancré localement
- et centré sur les besoins réels des habitants
L’enjeu aujourd’hui est de pérenniser ces dynamiques et de les amplifier.
Vous souhaitez en savoir plus ? Un temps de clôture à l’échelle du programme dans la Drôme et l’Ardèche est prévu le 24 juin à Livron. Inscription ici
